
MANON BOUVRY & MAXIME VAN ROY
Vernissage le jeudi 7 mai 2026, 18 h – 21 h
Exposition les samedis et dimanches
9 – 17 mai 2026, 14 h – 18 h
Notre exposition du printemps place la nature à l’honneur avec une révérence particulière au patrimoine et à l’héritage naturel belge, avec le duo d’artistes Manon Bouvry et Maxime Van Roy. Nous sommes heureux de vous présenter cette exposition mêlant sculptures et dessins, aux notes noires et blanches, mettant en scène la pierre et le graphite. Un dialogue brut mais poétique, mélange de technicité et d’harmonie, silence de la nature au bout des doigts habiles des artistes.
MANON BOUVRY
Manon Bouvry est originaire de la région de Tournai, elle vit et travaille aujourd’hui dans la province du Luxembourg. L’artiste a étudié la peinture, et s’est ensuite dirigé vers le dessin sur papier – pratique qu’elle maitrise aujourd’hui avec finesse, se rapprochant du photoréalisme.
Ses œuvres sont inspirées directement par la nature environnante : des vues de forêts près de Bouillon, un projet expansif sur le tabac de la Semois, des compositions établies par les rivières avoisinantes. Sur des plaquettes en bois de la région, elle dessine au fusain. Sur du papier Canson livré uniquement en Belgique, elle peint des verdures. En plus de son travail d’artiste, Manon Bouvry organise des ateliers, elle enseigne et imagine des stages où l’on crée son matériel, où l’on façonne ses outils à la main… Ses boîtes de rangement sont fabriquées par une boiserie locale, son matériel est artisanal. Manon Bouvry est une admiratrice éperdue du naturel, passionnée par le patrimoine qui l’entoure.
Ses petits formats font souvent rappel à la photographie de par leur proportion : la référence au Polaroïd évoque la mémoire et le jeu du réalisme, la prise d’un moment et d’une vue, le pouvoir de la lumière. Son travail se veut nostalgique - des clichés d’un moment muet. La nature qu’elle dépeint est riche de souvenirs, d’époques venues et passées, le décor d’une éternité lente et empli d’histoires. Encadrées soigneusement, aux essences de bois locaux, les œuvres sont telles des objets précieux et accentuent ce sentiment de profondeur.
L’artiste travaille à partir de photos qu’elle collectionne. Avec une technicité pointue, elle contraste les noirs et les blancs de main de maître, en y faisant pénétrer la lumière, les textures des vagues ou des feuillages, l’impression de mouvement. L’effet des gris escompte une douceur, un florilège de nuances et de transparences. Il n’y a pas de superflu dans le travail de Manon Bouvry. Son œuvre est raffiné, l’artiste vise et évoque l’essentiel et de fait, fait éloge à la pureté du naturel. En outre, une certaine spiritualité se dégage de ses dessins : un élément de mystique né de silences émerveillés et contemplatifs.
MAXIME VAN ROY
L’artiste – vit et travaille à Bruxelles et originaire de Mons – présente une installation conçue spécialement pour l’exposition chez Espace-D. Pour l’occasion, Maxime Van Roy occupe le sol de la pièce principale avec une œuvre sculpturale aux essences clés de sa pratique : la pierre bleue, une motorisation des corps, un commentaire subtil et élégant sur l’anthropisation de la nature.
Ces dispositifs, rappelant adroitement des éoliennes, tourbillonnent machinalement au bout de fines tiges métalliques, en laissant visibles les câbles reliés à une base commune. Bien que chaque pierre ait été conçue en pièce unique, taillée par l’artiste, l’œuvre donne impression de collectif. En plus de cette dualité s’inscrit formellement le choc de la pierre à la mécanique. Le travail de l’artiste met en valeur l’exclusivité de la nature et du patrimoine face aux dispositifs humains et technologiques. Il détourne ces formes artificielles qui occupent le paysage créant des frontières visuelles inorganiques. Ces configurations devenues si familières qu’elles mutent en symboles intégrés à notre langage anthropien…
Au fil des années, Maxime Van Roy a développé une maîtrise unique : il façonne la pierre bleue, originaire de Belgique, en excavant des blocs pour en faire des cylindres d’une finesse impressionnante. Le contraste entre la dureté et masse de la roche face à la délicatesse et légèreté de ces œuvres est saisissant. Le travail de la pierre est devenu la spécialité de l’artiste, qui sculpte aussi ces masses en œuvres murales vaporeuses ou en formes organiques. Il polit la matière pour que la texture soit lisse, soyeuse, au rendu « parfait ». Les œuvres sont parfois motorisées, et parfois laissées aux aléas du vent ou même du spectateur, pour tournoyer et se transformer davantage en formes hybrides.
Les blocs de pierre sont trouvés en pleine campagne ou proche de carrières, ou donnés par des particuliers (vestiges d’objets et d’architectures, du naturel au fonctionnel). Ceci est important pour l’artiste car, au cœur de sa pratique, Maxime Van Roy évoque la présence et le passage humain omniprésent, suggère une richesse occupée, des matières premières usées, et fait l’éloge d’une nature exhaustive. Il écrit : « Par nos actes et nos pensées, nous dénaturons l’ensemble de ce qui nous entoure, ce décor naturel sur lequel nous projetons notre imaginaire. » En travaillant la pierre, l’artiste compose comme des artefacts d’une histoire et d’une appropriation humaine, celle de notre relation territoriale et conflictuelle avec le paysage natif.






